A- recherches dans le "Canyon de l’Erve"

Les travaux entamés en 1999 dans le site du "canyon de l’Erve" près de Saulges (Mayenne), avec les archéologues de Rennes et du Museum d’Histoire Naturelle de Paris, portent leurs fruits. L’étude karstologique en cours a déjà permis de dégager plusieurs phases de l’évolution géomorphologique du système. Elle a contribué à définir "l’espace archéologique" dans la Cave à Margot, cavité fortement dénaturée par un aménagement lourd à la fin du 19ème siècle. C’est dans cet "espace archéologique" que nos collègues archéologues ont identifié plus de 100 gravures préhistoriques. Un travail fantastique en cours, sous la direction de Romain Pigeaud.

Les travaux menés dans le site du "canyon" de l’Erve portent sur le milieu naturel et s’insèrent dans une approche pluridisciplinaire dirigée par nos collègues archéologues.

1- Organisation du système

Dans l’ensemble des cavités accessibles sur le site, on peut dégager le schéma de galeries-collecteurs autour desquelles s’organisent des conduits secondaires qui soit accompagnent le collecteur, soit drainent la partie de massif calcaire dans laquelle ils sont installés. Leur étude sous l’angle altitudinale, permet de dégager trois niveaux de drainage :

a- le niveau supérieur est très résiduel et est illustré par les galeries de la Cave du Plessis et de la Grotte du Four. Le réseau supérieur de la grotte "Mayenne-Sciences" serait un réseau annexe ou secondaire associé à ce niveau.

b- le niveau intermédiaire est le mieux connu. Il est exprimé par les collecteurs de la Cave Margot, de la Cave de Rochefort et du Porche à la Dérouine. Il est exprimé aussi dans la grotte "René-Paul" dans le secteur de "Damoclès" où l’on peut observer le complexe sédimentaire qui l’accompagne.

c- enfin il existe un niveau inférieur, noyé et vraisemblablement comblé, sous le niveau actuel de l’Erve, dans sa traversée de la gorge. On en pressent l’existence de par le développement de la vaste cheminée d’équilibre du fond de la Cave de Rochefort (puits noyé plongé sur 10 m de profondeur), les mécanismes de descente observés dans la Cave Margot (puits, descente vers le lac plongé sur plusieurs mètres de profondeur, etc.), et les conduits noyés du Lac dans "René-Paul". Cet hypothétique troisième collecteur a été localisé par mesures géophysiques (Rémi Valois-Paris VI) au droit du porche de la Dérouine.

Des liaisons verticales entre ces trois niveaux ont été identifiées, certaines par descente (puits), d’autres par remontée (cheminée d’équilibre), parfois le même drain ayant pu fonctionner en puits ou en cheminée selon les conditions hydrologiques du moment.

2- Système karstique et "canyon"

Concernant la relation entre le système karstique et le "canyon", il semble que les deux dynamiques soient séparées par un hiatus. En effet, on ne note en aucun site, de formes d’adaptation du collecteur moyen en direction de l’entaille de la vallée, laissant penser que le karst n’était plus fonctionnel. On pourrait envisager que le système karstique était entièrement comblé quand s’est installé le drainage épigé. Ceci expliquerait que la rivière Erve se soit installé par surimposition sur le réseau karstique, puis en creusant le "canyon" alors que le niveau de base de celle-ci s’abaissait rapidement (notion de gorge), ait recoupé le système karstique sans générer de formes d’adptation et surtout aucune utilisation des drains souterrains par la rivière épigée. C’est pourquoi les rares drains accompagnant la rivière sont des réseaux annexes ou secondaires, jamais des collecteurs (Buis, Erve, Mayenne-Sciences, etc.). Cette hypothèse de travail est incompatible avec celle qui considère que la grotte René-Paul soit un recoupement de méandre, car le méandre semble plus récent que la cavité.

3- Les comblements de Rochefort

Les fouilles archéologiques menées dans le salon principal de la Cave de Rochefort, sous la direction de Stéphan Hinguant, ont mis en évidence des dépôts sédimentaires complexes bien encadrés par des occupations humaines datées. Il est envisagé qu’une grande étude sédimentaire soit développée sur l’ensemble du site, réalisant la liaison entre les données karstologiques et les occupations anthropiques.


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