D- Jean-Marie Langbour (1948-2010)

9 septembre 2014, par Joël Rodet
topographe de Caumont
Le lundi 13 décembre 2010, Jean-Marie Langbour, animateur infatigable du Groupe Spéléologique Normand Universitaire (GSNU) depuis les années 1960, est décédé.

Figure inoubliable de la spéléologie normande des décennies 1960-2000, Jean-Marie Langbour s’est éteint, atteint par une longue maladie. Dès 1962, Jean-Marie, souvent accompagné de son frère Yves (1952-2014), rejoint le GSNU (GS-AGER), le club spéléologique créé à l’Université de Rouen. Dès le début, ses paires l’entraînent dans les labyrinthes de Caumont dans lesquels il réalisera l’essentiel de sa longue carrière de spéléologue.

Originaire d’Elbeuf, il sillonne assidûment le sous-sol de cette terre du Roumois. Dans les années 1970, il s’implique fortement dans l’exploration des verticales de Caumont, baptisées par les spéléologues de "cheminée", vocable souvent inadapté car s’agissant de puits d’altérite ou racines du manteau d’altération. L’exploration de développements spéléologiques délaissés jusqu’alors, le pousse à se lancer dans la topographie systématique du réseau souterrain de Caumont. Cet ouvrage demandera plusieurs années et l’essentiel des résultats sera largement diffusé sous forme de feuilles topographiques lors des réunions de la communauté spéléologique normande ou par le biais de La Calbonde, revue du GSNU. Fin observateur in situ, ses relevés dans les cavités présentent une qualité que malheureusement le dessinateur n’a pas su transmettre dans ses "mises au propre". Formulons le voeu que ses successeurs sauront donner à cette oeuvre originale, la dimension qu’elle mérite.

Jean-Marie a longuement animé le GSNU, surtout après le départ de ses principaux animateurs pour des cieux plus spéléologiques, généralement vers le Sud français. Fidèle à ses principes et à ses engagements, il a tenté, avec moins de bonheur, d’administrer les instances fédérales en terre normande. Il a aussi diversifié ses activités, en pratiquant le canoë de mer, et en explorant un grand nombre de cavités artificielles, surtout des marnières, près de la Côte d’Albâtre (autour d’Etretat-Fécamp) et dans le Roumois. Conscient de ses limites scientifiques, il m’a convié à certaines explorations, dont une superbe salle-réservoir remplie de sédiments exogènes à Bosc-Bénard-Crécy (Eure). Je l’aurai rencontré une dernière fois, en septembre 2009 lors des Journées du Patrimoine naturel, dans la grotte des Petites Dales.

Je garderai de Jean-Marie, l’image d’un personnage fidèle et engagé, dur à la tâche, passionné, pas toujours très diplomate mais profondément humain, qui défendait un idéal, celui des grottes. Le 08 septembre 2014, Yves, son frère et fidèle compagnon d’exploration, l’a rejoint pour la dernière et plus durable expédition, celle sans retour.

RSS | Contact | Plan du site | ©2007 CNEK sous licence Creative Commons License | designed by lonia