Les grandes grottes de la craie

30 juillet 2016, par Joël Rodet
Liste des principales grottes de la craie en Normandie

La craie de Normandie offre plusieurs centaines de grottes pénétrables. Cependant les développements explorés restent modestes comparés à celui des grottes des calcaires classiques. Voici, rapidement présentées, les principales grottes de la craie en Normandie

The chalk of Normandy contains several hundreds of explorable solution caves. Nevertheless the explored length is small compared with the development of caves in classic limestone. Here are briefly presented the main caves in the chalk of Normandy.

A greda em Normandia oferece varias centenas de grutas penetraveis. Porem as extensões exploradas parecem reduzidas em comparação com o desenvolvimento das cavernas em calcario classico. As principais cavernas em greda na Normandia estão apresentadas aqui.


AVIS IMPORTANT - mise en garde

Par décision préfectorale, le parcours des Grandes Carrières souterraines de Caumont est interdit en raison de l’instabilité des voûtes et parois (risque important de chute de blocs)


1- Rivière souterraine des Robots

(Caumont, Eure) 2400 m,

La Rivière des Robots, ou Rivière Blanche, a été découverte par recoupement de sa galerie par le creusement des carrières souterraines de pierre de construction. Lors de sa découverte, les carriers ont creusé une goulotte de déviation de l’écoulement qui dès lors, a chuté par une petite cascade, dans les galeries artificielles et a été canalisée jusqu’à la Seine. Cette disposition lui a valu l’appellation de Source de la Cabine, au plus tard, depuis le 19° siècle. Elle est une des très rares rivières souterraines de la craie de Normandie, mais aussi la plus longue des grottes de la craie du bassin de Paris, avec 1350 m rien que pour la branche noyée uniquement accessible aux plongeurs-spéléologues très expérimentés.

Il s’agit du tronçon amont de l’axe majeur de drainage du karst de Caumont, installé selon un collecteur situé à 14-16 m d’altitude. Ce collecteur, reconnu sur 700 m, recoupe 23 salles (cheminées d’équilibre) en forme de carène de bâteau retournée ou d’ogive. A la Salle 18, conflue un drain noyé, plus profond (entre +16 m NGF et +6 m NGF), parcouru par un écoulement faible (4 à 7 l/s) à l’origine de la rivière dans le collecteur et de la mobilisation du comblement, mobilisation qui autorise l’exploration d’un réseau fossile et entièrement comblé de sédiments essentiellement exogènes.

La cavité peut donc être divisée en deux parties :
- le collecteur fossile, entièrement comblé, a été réactivé par la remontée du niveau de base. L’écoulement modeste qui le parcourt (4 à 7 l/s) a imbibé les dépôts sablo-argilo-loessiques, permettant leur remobilisation. Ce phénomène a facilité le travail de désobstruction des spéléologues, durant les années 1970, sous la direction du GSNU.
- la branche noyée apporte l’écoulement qui remobilise le comblement du collecteur.

- Plongée initialement sur 30 m par Joël Rodet en 1976, cette galerie noyée a été explorée, entre 1976 et les années 1980, par l’équipe de Joël Enndewell, les PSP, dont Xavier Goyet, puis, fin des années 1980-début des années 1990, par Patrick Bernard (CNEK) sur 850 m d’une galerie noyée entrecoupée de quelques salles exondées en forme d’ogives (cheminées d’équilibre ?). Le plongeur s’est arrêté sur un pincement du drain noyé.
- En début 2011, un plongeur très expérimenté des PSP, découvre dans le drain noyé, un passage exondé, recoupant trois grandes salles de près de 50 m de longueur, qui le mène près de 400 m plus loin sur un nouveau siphon, duquel sort le courant. Avec environ 2400 m de développement (topographie en cours), la plus longue grotte de la craie du bassin de Paris continue : travaux en cours, à suivre...

Bibliographie : Concernant la dimension karstologique du site, on consultera :
- Rodet J. (1992). La craie et ses karsts. Eds. CNEK et Groupe-Seine, CNRS, 560 p. [isbn 2-9506258-0-0].


2- Grotte de la Jacqueline

(Caumont, Eure) 1050 m.

- Située à l’aval du réseau karstique de Caumont, la grotte de la Jacqueline offre une morphologie complexe générée par l’évolution quaternaire du niveau de base régional. La basse vallée de la Seine, en fait une ria, est selon le niveau marin, une rivière, un estuaire ou un fond de golfe. Ces variations sont responsables de l’étagement des galeries de drainage en au moins quatre niveaux. De plus, le calibrage de la vallée de la Seine et l’ouverture de vallées affluentes sont responsables de déviations de l’axe de drainage selon plusieurs diffluences. Il en résulte une morphologie générale complexe et originale de forme deltaïque. La remontée holocène du niveau marin (de -150 m à +0 m) est responsable de l’ennoiement des conduits profonds (-14 m) et de leur comblement jusque vers +4 m NGF.

Bibliographie : Concernant la dimension karstologique du site, on consultera :
- Rodet J. (1992). La craie et ses karsts. Eds. CNEK et Groupe-Seine, CNRS, 560 p. [isbn 2-9506258-0-0].


3- Source de l’Orbiquet

(La Folletière-Abenon, Calvados) 925 m.

- Cette spectaculaire émergence sourd au milieu d’une très belle vasque anciennement aménagée pour sa force hydraulique. Le site est aménagé depuis le début des années 1990 par le Conseil Général du Calvados.
- Sa situation est intéressante : son émergence et le regard trépané par lequel pénètrent les plongeurs-spéléologues est situé dans un herbage, au pied d’un abrupt retaillé par l’activité anthropique, l’ensemble étant situé dans le département du Calvados. Mais dès qu’on progresse dans le drain noyé, on pénètre sur le territoire du département de l’Eure. Alors la cavité peut-elle être considérée comme en Haute Normandie ou bien doit-on appliquer la stricte définition administrative ? Débat pour temps libre au café du Commerce.

- La cavité, entièrement noyée, est constituée d’une longue galerie, trépanée par la surface à 35 m de sa sortie encombrée par la nappe sédimentaire alluviale. En amont, après une cloche émergée à 60 m de la trépanation, le conduit noyé est reconnu, après bien des passages étroits, ou étroitures, sur 860 m de longueur. La cavité ne peut être visitée que par des plongeurs-spéléologues très expérimentés.

- Il a été reconnu par plongée, un premier siphon de 60 m avec le point bas à - 3 m, suivi d’un deuxième de 730 m avec le point bas à - 9 m, puis un troisième siphon de 20m avec un point bas à - 3 m, et un quatrième siphon de 20 m pour le point bas à - 3 m, avant d’atteindre le cinquième siphon reconnu sur 40 m, à - 5 m. Arrêt sur rien, à 890 de la trépanation. Ce dernier siphon présente un aval qui n’a pas été exploré mais qui se dirige vers le Canne-Haros, regard temporairement noyé sur une circulation non parcourue à ce jour. Si on ajoute les 35 m de l’aval du siphon 1, on atteint 925 m de développement noyé.

- L’historique de l’exploration peut être résumé succintement : Les premières plongées sont attribuées à Patrick Le Calvez et Christian Simon (Spéléo-Club de Rouen) en 1972. Les Caennais, à la même époque, ont plongé le premier siphon jusqu’à la salle à 60 m de l’entrée. La suite est plus claire : en 1976-1997, les Plongeurs Spéléologues de Paris, sous la conduite de Joël Endewell, plongent jusqu’à 410 m de l’entrée (étroiture), et reconnaissent l’aval. Ils réalisent une première coupe topographique. Entre 1991 et 1999, les plongeurs du BREN, des Andelys (Eure), prolongent la reconnaissance jusqu’à 790 m de l’entrée où Christophe Dérone et L. Pouget émergent dans une salle. En 2011 et 2012 Pierre-Eric Deseigne continue en solitaire l’exploration et s’arrête "sur rien" dans le 5ème siphon, à 890 m de l’entrée. Un croquis d’exploration est dressé par P.-E. Deseigne.

Bibliographie : Il existe une cassette vidéo, réalisée par le BREN, qui présente au grand public, cette belle exploration. Il manque cependant une description et l’étude scientifique que mérite cette cavité exceptionnelle. Les rares informations sont accessibles sur internet


4- Grotte des Petites Dales

(Saint-Martin-aux-Buneaux, Seine-Maritime) 780 m.

- Avec un grand collecteur reconnu sur 453 m de longueur, et trois affluents de base de 40, 227 et 60 m de développement, la grotte des Petites Dales est le modèle classique de la cavité de la craie normande.
- Le troisième conduit basal, baptisé "Galerie Catherine", est en cours de dégagement depuis l’Espace des Six. Il semble qu’il s’agisse d’un troisième aflluent qui, lui aussi, a été trépané par une racine du manteau d’altération.
- Les travaux en cours, dans l’amont du collecteur vers les trépanations, recherchent toujours l’amont du drain majeur. Un petit drain a été trouvé vers le pt 42, à 7,50 m de profondeur sous la surface de roulement. Il a été reconnu sur plus de 6 m. Travaux en cours mais le drain est très étroit.

- On y retrouve le réseau initial anastomosé, la sélection graduelle jusqu’au mono-collecteur qui s’élève largement au-dessus de sa base, dont la dimension semble être induite par une ancienne trépanation en amont par une racine du manteau d’altération.
- Puis vient le recalibrage de la galerie du Siphon par trépanation de son amont par l’ouverture de la valleuse des Petites-Dalles, alors que le littoral se rapproche.
- L’approfondissement d’une racine du manteau d’altération permet, par une nouvelle trépanation du collecteur dans l’amont, la mise en place d’un chenal de voûte d’absorption du flux d’introduction et de cheminées d’équilibre en amont de chaque virage important.
- Enfin, alors que le littoral est à 1,300 km, la remontée périodique du toit de la nappe inonde les parties basses du réseau souterrain, générant des soutirages dans l’imposant comblement terrigène.

- Depuis 1998, cette grotte est inscrite au Conservatoire du Patrimoine Karstique de la Fédération française de spéléologie (FFS), grâce à un bail de location signé avec le propriétaire. Depuis cette date, la FFS organise chaque année, lors du 2ème houiquenne de septembre, des journées "Portes Ouvertes" pour le grand public, dans le cadre des Journées du Patrimoine naturel, avec le concours du collectif de travaux dans la grotte, de la Mairie de Saint-Martin et du Comité des Fêtes de Saint-Martin. Entrée gratuite sur réservation.

- Pour des raisons évidentes de sécurité, de protection du patrimoine souterrain et d’aménagement des chantiers techniques et scientifique, la grotte des Petites Dales a son accès contrôlé par une porte. Il existe deux jeux de clés : un chez le conservateur pour les approches scientifiques, l’autre chez le responsable des travaux pour toute visite touristique ou spéléologique. Les associations spéléologiques et les centres de recherche scientifique ne détiennent pas de clé. La grotte est ouverte pour le chantier de désobstruction (voir le programme sur ce site), et toute demande d’accès est acceptée, dès lors qu’elle reste sous contrôle du conservatoire.

- Le CNEK vient de mettre en chantier un livre sur cette grotte unique et spectaculaire, qui devrait être publié vers la fin de 2016. Pour toute information complémentaire, contacter Joël Rodet qui en assure la direction.

Bibliographie :
- Rodet J., Ma K., Viard J.-P. (2013). Incidences of the tectonics in the karstification of chalk limestones in the Western Paris Basin. Example from the Petites Dales Cave (Saint Martin aux Buneaux, France). Proceedings of the 16th International Congress of Speleology, Brno (Rép. Tchèque), 21-28 juillet 2013, vol. 3 : 121-125 [978-80-87857-09-0].
- Rodet J., Magne L., Viard J.-P. (2013). Ceiling channel and input karst. Example of the Petites Dales Cave, Normandy, France. Proceedings of the 16th International Congress of Speleology, Brno (Rép. Tchèque), 21-28 juillet 2013, vol. 3 : 126-131 [978-80-87857-09-0].
- Rodet J. & Viard J.-P. (2009). La grotte des Petites Dales, un patrimoine normal ? Non ! normand ! Spelunca, 114 : 28-34.
- Rodet J., Viard J.-P., Poudras J. (2007). A la découverte de la grotte des Petites Dales (Saint-Martin-aux-Buneaux, Seine-Maritime, France). Spéléo-Tract, 6 : 38 p. [0290-1412].
- Rodet J., Willems L., Brown J., Ogier-Halim S., Bourdin M., Viard J.-P. (2009). Morphodynamic incidences of the trepanning of the endokarst by solution pipes. Examples of chalk caves in Western Europe (France and Belgium). Proceedings of the 15th International Congress of Speleology, Kerrville (Texas, USA), 19-26 july 2009, UIS, vol. 3 : 1657-1661 [isbn 978-1-879961-35-7].


5- Grotte de la Mansonnière

(Bellou-sur-Huisne, Orne) 730 m.

- La grotte de la Mansonnière est un modèle quasiment unique au monde, d’un lacis d’axes tectoniques ouvert par altération. Au contraire des nombreux sites de fantômisation mis en évidence ces vingt dernières dans le monde entier, le labyrinthe de la Mansonnière est constitué de galeries individualisées encore remplies du squelette d’altération, que les karstologues et spéléologues du CNEK ont dégagé partiellement sur plus d’un kilometre. C’est le premier site de cette qualité, décrit au monde !

- Cette curieuse cavité s’ouvre dans une carrière souterraine, fermée à clés, dans une zone classée "Natura 2000" en raison de sa richesse faunistique (chiroptères). Les contraintes de protection n’autorisent pas les visites durant la période d’hibernation (novembre à mars).
- Il s’agit d’un surprenant labyrinthe installé entièrement sur le réseau tectonique particulièrement dense dont le développement total pénétré dépasse 1.000 m. Le potentiel est évalué entre 3 et 5 km.
- En guise de conduits, il s’agit de galeries-axes d’altération provenant de la surface qui présentent un élargissement extrêmement irrégulier. Les galeries entièrement comblées, contiennent en fait un altérat, c’est-à-dire le résidu non dissous de l’encaissant, résidu maintenu en place en raison de l’absence d’une circulation karstique classique. Il s’agit donc de l’expression des premières phases de karstification, avant l’intallation du drainage dynamique : un primokarst. C’est à ce jour le plus important réseau souterrain de ce type connu au monde !
- Depuis 2008, le Conseil Général de l’Orne organise, dans le cadre de sa politique de protection et de mise en valeur des espaces naturels sensibles, des journées "Portes Ouvertes" pour le grand public, encadrées jusqu’en 2011 par le CNEK, le dernier houiquenne de septembre. Depuis 2012, visite payante (2.50 €) de la carrière souterraine, le week-end du Patrimoine, sur réservation auprès du Parc Naturel Régional du Perche.

Bibliographie :

Concernant l’historique de l’exploration, on consultera :
- Rodet J. (1993). Premières données sur le karst du département de l’Orne. Hypogées, LSBN, Caen, 4 : 6-7 [1163-7358].
- Rodet J. (1994). Historique des travaux 1993 dans le karst de la Mansonnière (Bellou sur Huisne, Orne). Hypogées, LSBN, Caen, 7 : 5-8 [1163-7358].
- Rodet J. (1997). Historique des travaux 1994 dans le karst de la Mansonnière (Bellou sur Huisne, Orne). Hypogées, LSBN, Caen, 11 : 5-9 [1163-7358].
- Rodet J. (1998). Historique des travaux 1995 dans le karst de la Mansonnière (Bellou sur Huisne, Orne). Hypogées, LSBN, Caen, 14 : 5-8 [1163-7358].
- Rodet J. (1998). Historique des travaux 1996 dans le karst de la Mansonnière (Bellou sur Huisne, Orne). Hypogées, LSBN, Caen, 15 : 5-9 [1163-7358].
- Rodet J. (1999). Historique des travaux 1997 dans le karst de la Mansonnière (Bellou sur Huisne, Orne). Hypogées, LSBN, Caen, 16 : 2-6 [1163-7358].
- Rodet J. (2007). Les fantômes de la Mansonnière (Bellou-sur-Huisne) ou comment l’Orne est devenu un département "spéléologeable". Spelunca, 108 : 23-32.

Concernant l’approche scientifique, on consultera :
- Rodet J. (1996). Une nouvelle organisation géométrique du drainage karstique des craies : le labyrinthe d’altération, l’exemple de la grotte de la Mansonnière (Bellou sur Huisne, Orne, France). Comptes Rendus de l’Académie des Sciences de Paris, t. 322 (12), série IIa : 1039-1045 [1250-8050].
- Rodet J. (1997). Typologie des karsts dans la craie du bassin de Paris. Annales de la Société Géologique du Nord, Lille, 5 : 351-359.
- Rodet J. (1998). Karstification et réseau tectonique dans la craie des collines du Perche : l’exemple du site de la Mansonnière (Bellou sur Huisne, Orne, France). Spéléochronos, hors série : Contributions to the International Symposium ’Karst & Tectonics’ : 153-157 [1372-6919].
- Rodet J. (1999). Le "primokarst", une première karstification ? : l’exemple des craies du Perche (Orne, France) - The ’Primokarst’, an initializing karst phase ? : the chalk of Perche region (Orne, France). Proceedings of the 3td European Speleological Congress, Lisbon, 01-03.10.1999.
- Rodet J. (1999). Le réseau de fracturation, facteur initial de la karstification des craies dans les collines du Perche : l’exemple du site de la Mansonnière (Bellou sur Huisne, Orne, France). Geodinamica Acta, 12 (2-3) : 259-265 [0985-3111].
- Rodet J. (2002). Le karst, milieu conservateur. Géologie de la Préhistoire, J.-Cl. Miskovsky (ed.), Edition Géo-Pré & PUPerpignan : 167-187 [2-906553-05-0].
- Rodet J. (2003). La Normandie souterraine. La Normandie, A. Guérin (ed.), Delachaux & Niestlé, Les guides du Naturalistes : 52-63 []2-603-01295-9.
- Rodet J. (2004). Karst et craie en Normandie : une approche géographique - karst and chalk in Normandy : a geographical approach. Actes des Journées Européennes 2003 de l’AFK, Rouen, J. Rodet (ed.) : 16-31 [2-9506258-2-8].
- Rodet J. (2007). Karst de la craie et aquifère de Normandie. European Journal of Water Quality, 38 (1) : 11-22 [1023-6368].
- Rodet J. (2014). The primokarst, former stages of karstification, or how solution caves can born. Geologica Belgica, 17 (1) : 58-65. [1374-8505].
- Dubois C., Quinif Y., Baele J.-M., Barriquand J., Barriquand L., Bini A., Bruxelles L., Dandurant G., Havron C., Kaufmann O., Lans B., Maire R., Martin J., Rodet J., Rowberry M. D., Tognini P., Vergari A. (2014). The process of ghost-rock karstification and its role in the formation of cave systems. Earth-Science Reviews, 131 : 116-148. [0012-8252] http://dx.doi.org/10.1016/j.earscirev.2014.01.006


6 - Grotte de la Roche Percée

(Le Thuit, Eure) 572 m.

- Initialement appelée "Souterrain d’Encorchemont", cette cavité peut être considérée la première grotte topographiée de l’histoire de la spéléologie normande, dès 1894 par Auguste Monton, alors âgé de 19 ans. Il s’agit d’un remarquable labyrinthe souterrain de 400 m de développement auquel on accède par une magnifique galerie-collecteur de près de 150 m de longueur. L’abaissement du niveau de base est à l’origine de l’inversion du sens d’écoulement du drainage et d’un ensemble de surcreusements à la base des conduits (trous de serrure) qui, par un puits de 4 m, donne accès à un drain de fuite exploré jusqu’au contact avec un axe faillé qui limite vers le nord, l’ensemble de la cavité, plus de 12 m plus bas. La suite semble verticale mais nécessitera un lourd travail de désobstruction.
- Comme toutes les cavités du karst des Andelys, cette grotte a été vidée de son comblement terrigène dans les années 1830-1850 à la demande d’un industriel riche et illuminé, Monsieur Bournichon, qui y recherchait le trésor des Templiers.

Bibliographie : Concernant l’historique de l’exploration et la synthèse scientifique, on consultera :
- Rodet J. (1992). La craie et ses karsts. Eds. CNEK et Groupe-Seine, CNRS, 560 p. [isbn 2-9506258-0-0].


Pour en savoir plus sur les grottes et le karst de la craie, on consultera l’ouvrage fondamental sur "La craie et ses karsts", de Joël Rodet (1992), de 560 p., édité par le Groupe Seine (CNRS, Caen) et le CNEK. Les derniers exemplaires de cette "bible" peuvent être acquis auprès du CNEK. Le document est exclusivement en français. The book is only available in french. O livro é exclusivamente em lingua francesa .

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