Histoire du CNEK


- Le CNEK, fruit de plus de 50 ans de recherches spéléologiques en Normandie
- The CNEK results of more than 50 years of speleological research in Normandy
- O CNEK é o resultado de mais de 50 anos de pesquisa espeleologica na Normandia

La spéléologie que pratiquent les clubs de Normandie est fondamentalement tournée vers l’extérieur de la région. Ne pouvant pas toujours fréquenter, pour des raisons de distance et de temps, les gouffres et les grottes du Jura, des Alpes, des Causses ou des Pyrénées, ils sont amenés à pratiquer les grottes normandes mais cet usage répond à des objectifs spécifiques qui sont essentiellement :
- l’initiation pour assurer le recrutement indispensable à la survie de l’association, d’où la notion de "grotte-école",
- l’entraînement pour acquérir le niveau technique nécessaire des équipiers lors des séjours à l’extérieur.

1- une association pour les grottes normandes

Le Centre Normand d’Etude du Karst et des cavités du sous-sol est la seule association normande dont l’objectif principal est l’étude des grottes normandes. Déclaré en Préfecture de Rouen en mai 1990, le CNEK est le fruit d’une longue maturation et l’héritier de plus de cinquante années de pratique normande, mais aussi sur tous les continents.

Une de ses sources est havraise, à partir du G.S.-M.J.C.-H. (1964-1976) puis du G.S.H. (1976-1990) et la revue " Spéléo-Drack ". Une autre est elbeuvienne, à partir de l’A.C.R.Cléon (1976-1990). D’autres encore proviennent de Rouen, d’Evreux...

Dès 1976, la notion de CNEK, association de recherche en Normandie, prend forme au travers d’une union informelle de pratiquants (Joël Rodet, Jocelyne Cattreux, François Desbordes, Jean-Claude Staigre, Danièle Sayaret, ...) et des premières publications, associée très rapidement (1977) au Laboratoire de Géologie de l’Université de Rouen que dirige alors le Professeur Georges Conrad, spéléologue marseillais de renom. C’est ainsi que naît en 1980, la revue " Spéléo-Tract " qui cristallise alors la production du jeune groupe.

2- Des résultats importants sur le terrain

La décade 1980-1990 est très riche en résultats qu’illustrent des travaux importants pour la Normandie :
- la découverte et l’exploration de la rivière souterraine du Heurt et ses 320 m de développement,
- l’exploration du réseau du Cap Fagnet et de ses 300 m de labyrinthe (206 m pour la grotte principale),
- la désobstruction de la grotte du Funiculaire et d’une partie de ses 360 m de développement,
- l’altimétrie de l’ensemble souterrain de Caumont (six mois de mesures),
- l’altimétrie de l’ensemble souterrain du Mont Pivin, aux Andelys (deux mois de mesures),
- la prospection systématique des 106 km de la Côte d’Albâtre, d’Ault à Antifer (quatre années de prospection, d’exploration, de topographie, de photographie),
- les listes-inventaires des départements de l’Eure, de la Seine Maritime et de la Somme (publiées dans trois revues spéléologiques normandes), pour ne citer que les principaux.

Des publications ponctuent ces activités, tandis que des congrès permettent des bilans.

3- Un regroupement de compétences unique en Normandie

En 1990, l’association s’officialise et hérite du patrimoine important du Groupe Spéléologique du Havre (bibliothèque, revues Spéléo-Drack et Spéléo-Tract, Centre Havrais d’Information Spéléologique, etc.).

Résolument tourné vers l’étude du milieu souterrain normand, il s’appuie sur des compétences affirmées en matière de
- milieu naturel/karst avec Joël Rodet, chercheur CNRS de renommée, spécialiste mondial de la craie, premier Instructeur Fédéral de Spéléologie en Normandie,
- milieu artificiel avec Jean-Luc Audam, tailleur de pierre et puisatier, meilleur connaisseur des carrières régionales,
- milieu vivant avec Danièle Sayaret, enseignante de biologie,
- paléontologie et sédimentologie avec Jean-Claude Staigre, amateur éclairé, formé par les Sociétés Savantes et les Museum locaux,
- milieu des Travaux Public avec Régis Fareu, puisatier professionnel, sensibilisé à la protection de l’environnement,
- technique des chantiers souterrains avec Jean-Pierre Viard, bricoleur de génie, récompensé comme Chevalier de l’Ordre National du Mérite (par Laurent Fabius), récipiendaire de la Médaille du Sénat et de la Médaille d’Honneur de la Commune de Saint-Martin-aux-Buneaux,
- exploration des conduits noyés et siphons avec Patrick Bernard, le meilleur spécialiste normand de l’époque, cadre national de plongée souterraine.

Assurément, le CNEK offre la plus complète association de compétences en Normandie. La formation technique y est aussi très développée avec des initiateurs fédéraux et le premier et seul instructeur de Normandie pendant 30 ans.

Les principaux chantiers de cette période sont devenus des références régionales, voire beaucoup plus, avec
- les 735 m de désobstruction de la grotte des Petites Dales
- les 730 m de la grotte de la Mansonnière, au sein d’un ensemble de plus de 1000 m de galeries ouvertes et explorées.

4- Une association intégrée dans la société

Sa politique d’intégration de la dimension spéléologique normande dans la société est concrétisée par
- l’inscription de la grotte des Petites Dales au Conservatoire Fédéral du Milieu Souterrain,
- une convention municipale pour la gestion du site de la Mansonnière, classé "Natura 2000",
- l’ouverture annuelle des sites de la Mansonnière puis des Petites Dales au grand public à l’occasion des journées de la Science en Fête puis des Journées du Patrimoine, avec le concours des élus locaux.

Ainsi elle intègre les domaines de la vulgarisation et de la protection du milieu naturel, par la production de nombreuses publications, des expositions, des conférences, des journées "Portes Ouvertes", des relations avec les médias (journaux, télévision, radios locales, etc.) et une profonde relation avec les collectivités locales (Saint-Martin-aux-Buneaux, Bellou-sur-Huisne, Comité de Communes du Perche Rémalardais, Parc Naturel Régional du Perche, Conseil Général de l’Orne, etc.).

5- Un centre de recherche original et international

Enfin, et fondamentalement, la politique du CNEK s’enracine dans le milieu scientifique avec son implication
- dans les recherches karstologiques du CNRS (chercheur CNRS dans l’UMR 6143-Laboratoire de Géologie de l’Université de Rouen, étudiants, collaborations en Europe et en Amérique du Sud),
- dans la recherche archéologique (Université de Paris X-Nanterre, Service Archéologique de Basse Normandie, Museum National d’Histoire Naturelle de Paris, etc.),
- dans l’étude et la valorisation du patrimoine géologique et géomorphologique, tant en Normandie (CRPGHN, CENHN) qu’au Brésil (CRPG-MHNJB/UFMG),
- dans la recherche du patrimoine archéologique, technique et sociologique du milieu souterrain naturel et artificiel.

Nous intégrons systématiquement les étudiants intéressés par la recherche souterraine, en géologie, en géomorphologie, en archéologie, pour la durée de leurs études, dès la licence jusqu’à la soutenance du doctorat. C’est ainsi que des étudiants brésiliens accompagnent nos recherches depuis plusieurs années (F.A.A. Gonçalves, M.C. Pereira, L.M.S. Almeida, ...), dont certains en doctorat (A.L.V. Bitencourt, R. Hardt, A.M.C. Vasconcelos, ...).

Aujourd’hui, nos activités s’étendent au-delà des frontières nationales, en particulier
- en Belgique avec l’Université de Liège et le Club de Recherches Spéléologiques Ourthe-Amblève,
- et au Brésil, avec le Grupo Bambui de Pesquisas Espeleologicas (Belo Horizonte), le Instituto do Carste, et les Universités UFMG-Belo Horizonte (Minas Gerais), PUC-Belo Horizonte, UFVJM (Diamantina, MG), UFLA (Lavras, MG), UFBA (Salvador, Bahia), UNESP-Rio Claro (São Paulo) et UNIFESP-Diadema (São Paulo), où nos études s’étendent aux grottes des calcaires micro-cristallins précambriens et des roches siliceuses (granite, itabirite, grès et quartzite).

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